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Le projet Clean Everest

Pour résoudre le problème de la pollution sur l'Everest, Marion a créé le projet Clean Everest avec une agence affiliée à l’École des guides de montagne à Lhassa. Ensemble, ils ont descendu 10 tonnes de déchets et ont créé un système de gestion de déchets.


Le constat de départ


Trente ans d’expéditions commerciales ont laissé derrière elles plus de dix tonnes de déchets sur la crête nord-est du versant tibétain, polluant non seulement le site lui-même mais aussi les eaux de source qui s’écoulent du massif.

"Ayant pris le pouls de la Mère Montagne, de la déesse Jomolangma, je constate que la nature est sous pression et le diagnostic alarmant" (Marion)

Face à ce constat effrayant, Marion s'associe avec une agence affiliée à l’École des guides de montagne à Lhassa pour se lancer dans un grand nettoyage de l'Everest.


L'élaboration d'une charte environnementale


La première étape du projet Clean Everest est la rédaction, en langue tibétaine, d’une « Charte environnementale de protection de la montagne » écrite par et pour la Compagnie des guides de Lhassa. Elle sera ensuite traduite pour les alpinistes étrangers qui, payant très cher leur expédition, ne songent pas à nettoyer la montagne après leur passage. Ils estiment que ce n’est pas à eux de le faire.

Débuts difficiles


Avec les guides tibétains de Tibet Yarlha Shampo, Marion lance la première expédition de nettoyage de la face nord de l’Everest. Ils commencent par débarrasser les pentes des déchets accumulés au cours des décennies précédentes. Cette première année, ils ne parviennent à collecter qu’une tonne sur les dix accumulées. Les déchets ramassés non sans mal ne peuvent être redescendus par les yacks : les caravanes ne sont pas arrivées comme prévu, tout est bloqué. L’ampleur du chantier décourage Marion et le groupe de cinquante guides tibétains. Ils se sentent seuls.


Retournement de situation


L’année suivante, en 2017, les collectivités locales font envoyer cinquante yacks, ornés de magnifiques pompons rouges accrochés aux oreilles. Ils arrivent cette fois à temps, en milieu et en fin d’expédition. Nous dégageons 4,5 tonnes. Un compresseur a été installé à la déchèterie de Rongbuk. Les yacks transportent les sacs jusqu’au camp de base. Des rondes de camions assurent l’évacuation régulière, chaque semaine, des sacs de déchets à partir du camp de base, vers Rongbuk. Jusqu’à 6500 mètres, les alpinistes ramassent bénévolement les déchets sur les camps les plus pollués. Cinquante guides tibétains, auxquels s’ajoutent les sherpas népalais, s’activent pour nettoyer les six camps qui jalonnent la route du sommet, en particulier dans les camps d’altitude les plus élevés où ils sont seuls à faire régulièrement des allers-retours.


Le succès de Clean Everest


En quatre ans, grâce aux expéditions Clean Everest, la quasi-totalité des 10 tonnes de déchets accumulés au cours des expéditions passées a été redescendue dans nos sacs et à dos de yacks. La montagne a retrouvé sa pureté.


Les populations des montagnes sont aujourd’hui sensibilisées et les autorités locales nous soutiennent. Un système de gestion des déchets est mis en place. Elles se sont engagées à répliquer ce modèle, notamment pour les autres sommets de 8 000 mètres.


Marion a reçu le prix Terre des femmes 2019 pour son action.


Répliquer le projet à l'échelle mondiale


Marion fait aujourd'hui partie de l'advisory board de l'association Mountain synergies, qui vise à aider les acteurs publics et privés du monde entier à créer des expéditions en haute montagne 100% responsables.

 

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